mercredi, février 28, 2007

Les larmes de componction

Je suis un ruisseau de larmes et pourtant je n’ai perdu qu’un emploi. Digues rompues, vannes ouvertes.

Si la vie est vécue comme elle doit être accomplie, elle sera remplie d’affectif.

Et un simple lieu de travail peut devenir un endroit rempli d’affection.
Une place structurante et rassurante. Que l’on retrouve comme un point fixe dans une vie tourmentée.

Il n’est pas simple de trouver le temps d’écouter l’autre. Nous avons tous nos amis, nos amants, notre famille, ceux qui savent nous trouver et puis il y a les autres.

Ceux que nous n’avons pas choisis, ceux qui n’ont pas été présent au début de notre vie, ceux qui ont embarqué dans un navire plus ou moins tanguant qu’on appelle le monde du travail. Nous les retrouvons chaque semaine et écrivons un nouveau passage de leur vie.

Avec leurs soucis, leurs combats et leurs peines. Et si l’on prend un peu de notre temps, ils rentrent dans nos vies et l’enrichissent.

Nous sommes remplis de petites histoires, de victoires et de détresses plus ou moins grandes.

Un jour tout cela s’arrête, par une volonté qui nous est extérieure. Il n’y a rien à faire. Juste à subir.

De petites entités aimées vont quitter ma vie, comme je vais disparaître de la leur. On appelle cela la conjoncture économique, la restructuration d’un poste, la crise, il y a plein de formules qui ont été crées pour dire des choses qui finalement se résument en une seule phrase :

La perte d’un emploi s’accompagne de pertes humaines.

mardi, février 20, 2007

Il va du désir d’écrire comme celui de vivre.

Nous chutons beaucoup avant la naissance d’une belle ph(r)ase.

Lors du shabbat, il est interdit d’écrire plus de deux signes ou lettres. Il est également défendu d’effacer plus de deux signes ou lettres.

Il devrait être de même lors d’une rupture, la perte d’un amour ou le deuil d’un être adoré. Il faudrait respecter un shabbat du cœur qui durerait jusqu’à ce que le souvenir de l’autre soit effacé.

Jusqu’à ce que l’envie d’écrire ou de vivre, ces deux choses n’en formant qu’une, revienne à nous tout naturellement.

mercredi, février 14, 2007

" La bonté n’est pas un spectacle qui cogne et ébloui " *


Il est difficile de vivre au monde avec la foi d’un côté, l’écriture de l’autre et l’amour au milieu.

Trop de bruits parasitent le silence nécessaire à la contemplation et à l’écriture.

La foi ne correspond plus au siècle. Il est obsolète d’être religieux. Sa façade attaquée par la fiente de pigeons séculiers craquelle de toute part. Elle lutte contre les libertés individuelles et perds tous ses combats. Or croire est source de plénitude extrême.

L’écriture ne correspond pas plus au monde. L’indispensable respiration n’est pas loisir, convivialité, n’est même pas culture, ni ouverture d’esprit.

Si vous priez et écrivez, et que vous avez l’audace de le dévoiler, après un moment curiosité polie vous allez inquiéter.

Quelle profession accompli celui qui prie sans avoir été consacré ?
Quel métier exerce celui qui écrit alors que tout a déjà été dit ?
Quelles paroles inutilement répétées vont s’échouer aux oreilles intransigeantes de Celui que l’on ne voit pas ? Quelles œuvres vaines vont se sacrifier sous les rouleaux compresseurs des invendus ?

N’y a-t-il de place que pour les chants rythmés, pour des textes qui font sourire et s’évader ?

Quelle place peut avoir l’amour entre ces deux dévoreurs de temps que sont la prière et l’écriture ?

Entre l’amour de Dieu et celui des hommes, au juste milieu se trouve la bonté et la compassion. Celles qui ne vous adapteront pas au monde, celles qui se seront pas intégration, neutralité, consensus. Celles aussi qui vous feront relever la tête sous les coups de la vie, ou devant des regards humbles qui dérangent.

Votre vie sera plus difficile, mais quelle vie fabuleuse vous allez mener !


* emprunt à un merveilleux ami.

dimanche, février 11, 2007

Lettre ouverte (4ème partie)

Je vis très bien sans vous.
La ville est restée la même.
Un peu moins de métal entoure la cathédrale mais il y a toujours autant de fleurs aux pieds des statues des saints.
Certains lieux existent encore malgré vous. Ils ont tenté de perdurer et ils y sont arrivés sans peine.
Je retrouve des gestes oubliés. Je prononce des mots que vous m’avez désappris. Je ne suis plus somme d’interdits.
Je continue d’être. Je me contente d’exister.
Peut être m’avez-vous à peine changée. Peut-être ne reconnaîtriez vous pas celle que vous avez croisé un jour au bord d’un lac.
Dans votre souvenir je ne trouve plus autant d’or, à peine quelques orages.
Il n’y a plus de douleur dans mes songes.
Je parle de vous souvent. L’important est que vous aillez existé.
Je mesure ma chance dans votre absence.
Peut être ne vous ai-je que rêvé ?

samedi, février 10, 2007

MITARDS

" Une intelligence sans bonté est comme un costume de soie porté par un cadavre"

Christian BOBIN - RESSUSCITER

jeudi, février 08, 2007

Le carré magique de Gaudi



Comme tous les mystères, il vous a intrigué au premier regard. Comme toutes les jolies énigmes créés par les hommes qui s’aident en cela de la religion et des sciences mathématiques. Une forme géométrique parfaite cachée dans un temple.

Comme tous les secrets vous rapprochant de ceux des labyrinthes, vous avez voulu le comprendre à défaut de le percer. Quel meilleur moyen pour cela que de le garder dans la petite mémoire de votre appareil photo ? Vous vous êtes saisie de l’objet, carré de béton sur une façade, carré de laiton sur les portes monumentales.

La forme introuvable dans la nature à une solution qui vous rapproche du Divin.
Celui qui vous est si familier, que vous pressentez sa croix au virage de chacun de vos jours.

33. L’âge supposé de la mort du Prêcheur. Le jour et le mois de votre naissance.

Vous étiez heureuse. Fière des souvenirs engrangés pour les jours qui en manqueront. Des petits instants de lumière que l’on peut montrer à autrui, que l’on installe en fond d’écran des austères journées de travail. Le jour était lumière. Vous aviez cessé de vous méfier, l’espace d’une nanoseconde de bonheur.

Jusqu’au moment où vous avez constaté que la mémoire s’était envolée. Le jour était devenu vide comme une housse inutile. Une personne peu encline aux commémorations de joie venait de voler la votre. Quelque chose sans prix venait de s’envoler. La certitude de la bonté de l’homme. La compassion dont vous n’avez pas fait preuve avec l’immédiate souveraineté de votre Dieu.

La soudaineté de la peur des autres. De leurs regards moqueurs. N’auriez vous donc rien compris ?

« On commence par désapprendre d’aimer les autres et l’on fini par ne plus rien trouver chez soi-même qui soit digne d’être aimé » Friedrich Nietzsche.

Vous m’avez quelques moments fatigué de l’homme. Rendue méfiante et craintive alors que je ne suis que confiance. Fait douté de la bonté de l’humain, l’espace beaucoup trop long d’un instant de ma vie.

vendredi, février 02, 2007

En ondertussen houden de verliefden elkaar bij de hand *


La vie n’est pas faite pour la joie. La vie n’est pas légère. La rendre aérienne serait indécence. Une vie aux couleurs chatoyantes n’est pas naturelle. Sauf si la normalité se résume aux simples et aux fous.

La couleur de la vie est le vert. D’un vert de liturgie du temps ordinaire. Régénérant l’âme. Extension de la charité. La charité quotidienne, qui nous fait répondre à la question :
« Comment vas-tu ? » par le simple mot « Bien ».

L’usage. Ne pas en dire trop. Ne pas inquiéter ou jalouser l'autre par un trop plein d’un sentiment qui le submergerait, l’obligerait à s’intéresser à vous, où même à vous répondre.

Ne jamais oublier que l’homme doué de raison n’a pas le droit d’être heureux. Il faut donc nous méfier sans cesse….Ne rien dévoiler.

Pourtant rien n’arrive. Une journée de bonheur est chassée par une autre. Conservons-les en mémoire pour plus tard… Respirer un peu mieux mais surtout sans profondeur. Demeurons sur nos gardes.

* Et pendant ce temps là les amoureux se tiennent par la main.