vendredi, juin 12, 2009
La banalisation de l’émotion
Visage grave d’un présentateur impassible, images pas trop choquantes pour ne pas couper l’appétit et faire peur aux petits, notre empathie fonctionne à fond, nous plaignons, million de télé-spectateurs versant au même instant la même larme, ou poussant ensemble un grand soupir rempli de gaz carbonique réchauffant ainsi notre planète déjà tant mise à mal ainsi qu’on nous le remémore juste avant les publicités.
Notre participation à la marche du monde manipulée comme nos émotions, notre degré d’empathie grandissant en fonction du sujet visé, prochaines vacances en avion, souvenir d’un accouchement difficile, quand à celui malmené par son supérieur à son travail du jour, il se dit qu’au moins son travail existe encore.
Justification de nos vies à travers le malheur des autres. Les pauvres, heureusement que je ne suis pas à leur place, réminiscence de l’enterrement des plus âgés, et le prix d’un cercueil qu’on rapatrie dans la soute à bagage, voyager avec un mort cela donne envie de le rejoindre, non ? Ceux qui sont dans le même avion savent t’ils que tous ne sont pas vivants ?
Puis les publicités, au son bien fort pour laver la tête des images d’avant, soulagement d’une émission de télé réalité, qui va gagner ? Une chanteuse faisant un travail de serveuse ? Qui va réchapper des épreuves de l’île maudite ? Quel couple va tenir face aux tentations ?
On se rassure, nous allons pouvoir prendre un bain chaud ce soir, nous coucher au sec sur un matelas confortable, prendre dans nos bras un amant qu’aucune naïade n’essayera de nous voler car la porte de l’appartement est fermée pour la nuit.
Demain, d’autres évènements chasseront ceux du jour, toujours plus dramatiques, toujours plus terrifiants, toujours plus rassurants dans notre vie ordinaire où il ne se passe rien de grave. Nous aurons un sujet de conversation à la machine à café, c’est l’essentiel.
Tout va bien.
lundi, juin 01, 2009
Un jour prochain
Que j'ai également exploré le monde à ma manière, par petits bouts, par tranches, émiettant ce qui était difficile, gardant traces des jolies choses. Personne n'a encore trouvé mieux que la petite musique des écrits pour garder en mémoire les jolis moments d'une année ordinaire.
Comme toujours vous savez que j'ai aimé, désaimé, aimé à nouveau, ballet continuel où il ne faut voir aucune tristesse, mais juste le mouvement perpétuel de ma vie.
Je souffre moins depuis que l'âge marque mes traits, peut être que mon ordinaire c'est habitué et que comme certains gèrent une maladie incurable en l'oubliant presque, j'ai oublié que l'on pouvait avoir mal en quittant ou en étant quittée.
C'est presque extraordinaire de vivre cela, l'adaptation de l'esprit au corps. Une quasi harmonie.
J'avais tant l'habitude d'écrire sur la souffrance, vous le savez plus que moi, qu'il me faudra inventer d'autres moteurs, d'autres énergies pour retourner à mes feuilles noircies de signes. Je vais m'y appliquer. Je suis également beaucoup plus entourée qu'il y a quelques années, l'extrême solitaire laisse entrer des humains dans ma vie, cela est étrange mais pas désagréable, il faut juste apprendre à ne pas tomber dans l'excès et savoir refermer la porte sur soi quand le besoin s'en fait sentir.
Je vous écrirais à nouveau, je vous le promets.
jeudi, avril 09, 2009
lundi, mars 23, 2009

Toute ma vie durant, souvent bien trop longue et créatrice de sombres séquelles, j’ai posé les mêmes questions aux hommes qui se tenaient devant moi, leur main gauche fermement posée sur la poignée de la porte.
Ceux qui avaient partagés un moment un instantané de mon existence.
« Pourquoi me quittes tu ? Pourquoi elle ? Qu’à t’elle de plus que moi ? Qu’est t’elle que je ne suis pas ? A quoi ressemble t’elle ? Pourquoi est elle vivante alors que je viens de décéder devant toi et que tout ce sang ne t’éclabousse pas ? »
Ces questions universelles marquent la fin d’une histoire, d’une aventure ou plus lourdement d’un mariage.
Je me suis épargnée la dernière hypothèse, sachant peut être instinctivement que l’homme est un loup pour la femme et que quitte à être dévorée par eux, autant que cela soit par petits morceaux.
Devant leurs réponses toujours semblables, leurs regrets, bredouillés, murmurés, ou face aux silences, aux cruels « Tu connais les réponses, pourquoi poses-tu encore ces questions ? »
Pour retenir encore un peu celui qui part, la culpabilisation comme instrument de guérison, pour apercevoir quelques larmes dans leurs yeux, une culpabilité, un regret, un remords, un changement de cap, d’attitude, eux déjà tellement dans l’ailleurs, moi toujours ente mes quatre murs, dans un couloir, prise par une gangue de froid si froid, et plus aucun bras autour de moi pour me réchauffer.
« Parce que c’était elle parce que c’était moi. »
Avec ces mots viennent le moment de l’effondrement physique, le souffle coupé, pliée en deux, en quatre sur le sol, pour ne pas pouvoir tomber plus bas. Si les sanglots viennent, déjà c’est un soulagement, un signe que la guérison sera moins longue.
Si les larmes tardent à venir, se faire mal, frapper ma main dans un mur, le temps si court de la douleur physique chassant la douleur morale, puis revient le cœur ravagé, le ventre, les tripes, tout ce qui était à l’intérieur se trouvant projeté à l’extérieur. Ventre à l’air.
Devant les yeux baissés de celui qui veut fuir mais n’ose pas encore, à moins que la porte se soit déjà refermée.
Quelle importance qu’il assiste à votre déchéance.
Votre vie à perdu sa cohérence, son sens, son but, votre amour a été broyé, réduit au néant, nié, annihilé. Vous n’êtes rien, d’une seconde à l’autre. Passer du tout au rien.
Toute ma vie j’ai posé les mêmes questions à ceux qui me quittaient.
Effondrée, puis relevée, engrangeant au passage quelques dépressions, versant des litres de larmes, perdant l’estime de moi en même temps que quelques kilos, allumant jusqu’à peu des milliers de cigarettes, de nuit, de jour, entourée d’alcool et de volutes, trouvant la vie désespérément injuste. En désirant une autre vu que je ne pouvais achever celle-ci comme un vieux cheval.
Au bout se rappeler la phrase d’un de mes médecins qui me disait « Mais vous ignoriez encore que la vie est injuste ? »
Son air d’absolue pitié, comme s’il n’avait jamais vu en face de lui quelque chose de plus bête que moi et ma désarmante naïveté.
Des chagrins d’amours tellement honteux qu’ils ne méritent aucun droit d’être cités, j’en ai jalonné ma vie, de petite fille (à 5 ans j’étais amoureuse de mon professeur de natation) aux chagrins à venir (avenir ?)
Ma vie est un succession de : « Pourquoi Elle ? »
Or me voilà confrontée à l’impensable, à la plus dérisoire probabilité, au nombre infiniment petit qu’on l’avait cru inexistant. Etre celle que l’on a choisi afin d’en quitter une autre.
Je n’ai jamais voulu cela, sachez le bien. J’ai trop souffert d’abandon pour vouloir infliger à autrui pareille douleur. Du plus loin que je me souvienne de l’image de Vous qu’on m’a donnée, je vous ai admirée. Vous êtes courageuse devant une vie résolument inéquitable au vu de la bonté que vous y avez insufflé.
Vous n’avez été épargnée, et il me faut des dizaines de témoignages pour trouver quelque situation plus imméritée que la vôtre. Or vous le savez bien, le malheur des autres diverti mais ne servant à rien, je vous épargnerait le récit des désolations d’autrui.
Me voilà propulsée sans l’avoir ni cherché, voulu, ou provoqué dans la situation inverse.
Par ma faute une femme est pliée en quatre, cherchant à reprendre le souffle qu’on lui a arraché, j’ai asphyxié un humain d’un impossible chagrin.
Ma peine est bien plus vive, les arrêtes bien plus pointues que celles que l’on m’enfonçait dans mon habituel scénario de vie.
Malgré tout votre souffrance est source de vie, elle vous place au monde, vous apporte considération, assistance, soutien. Votre place n’est guère enviable, la mienne n’est guère supportable. Je suis l’assassin d’un amour qui a duré plus longtemps que la moitié de ma vie. Je suis la peste noire, le choléra, la meurtrière.
On a beau essayer de me rassurer avec des mots maladroits, on me dit que si cela n’avait pas été moi, cela aurait été une autre, j’aurais préféré qu’il s’agisse d’une autre.
On me dit : « De toute façon je serais parti », j’aurais préféré qu’il soit parti avant de le rencontrer.
On me dit qu’il est impossible de détruire vingt années d’amour pour une personne rencontrée il y a un mois. 240/1, vous voyez comme je ne fais pas le poids.
Mais ces mots ne sont que des leurres, je suis coupable d’avoir été présente au mauvais moment, au mauvais endroit, du mauvais côté de la mauvaise route.
Je suis là au milieu du chaos que j’ai provoqué, au milieu des ruines fumantes de vos vingt années d’union. Portant à bout de bras une présomption d’innocence à laquelle je ne crois pas.

( Peintures Gerhard Richter, né à Dresde le 9 février 1932, artiste allemand)
vendredi, mars 20, 2009
J’ai mal en mon Église.
Ceux qui excommunient une fillette de 9 ans violée par son beau père, accompagnée par ses médecins pour faire bonne mesure, ceux qui stigmatisent les hommes utilisant un préservatif, car leurs plaies ne sont pas aussi esthétiques et montrables que celles de Jésus crucifié, ceux qui acceptent dans la maison de Dieu des éminences plus noires que l’enfer négationniste.
D’un côté un pardon pour ceux qui ne le mériteront jamais. De l’autre la condamnation de ceux qui ont déjà suffisamment souffert et qu’on ose juger encore. Quelle valeur à votre loi monsieur votre sainteté Benoît XVI ?
Mon église n’a pas changé. Des siècles de terreur, de souffrances, de corps brisés, d’âmes déchirées, de brûlés, gazés, affamés, enfermés, cloués, empoisonnés, décapités, torturés, tués enfin. Quand la mort est accueillie comme un soulagement.
An 0 – 2009 : Autres hommes, mêmes discours.
Les valeurs d’humanisme, de pardon, de protection des plus faibles, d’entraide, de solidarité, de brebis égarée ont disparu.
Ceux qui dirigent mon Eglise veulent-ils encore plus de morts, plus de crimes, plus de meurtres, plus de souffrances ? Se nourrissent ils de la souffrance qu’ils infligent au nom du Christ ?
Certes il faut des lois, des structures, de règles, mais qu’est qu’une société où une loi est appliquée à la lettre sinon une dictature ? Mon Eglise est un régime dictatorial, tyrannique.
Les siècles passent inexorablement et avec constance la bêtise des hommes ne trouve toujours aucune limite.
Jésus nous avait appris la bonté, le don de soi, la tolérance, le respect. Il se retrouve encore et toujours bafoué par les hommes chargés de le représenter.
Mon église est devenue un régime fasciste. Brisant les faibles, avilissant les pauvres. Un pape allemand, a décidé qu’il n’était pas bon pour les pauvres de faire l’amour avec des préservatifs. Longue série d’infinies horreurs qui sortent de sa bouche avec candeur et naïveté. Peut être que le représentant de Dieu sur terre est mentalement attardé, qui le sait au fond ?
Benoît XVI tu n’es pas le bienvenu dans mon Eglise, je ne te reconnais pas, tu ne représentes rien.
Reste dans les ors de tes palais, protégé par tes gardes et prie.
Finalement tu ne dois savoir faire que cela prier. Mais prier, votre sainteté, c’est à la portée de n’importe qui.
dimanche, mars 15, 2009
Aucun express - Alain Bashung
Aucun express ne m'emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n'y accostera
Aucun Concorde n'aura ton envergure
Aucun navire n'y va
Sinon toi
Aucun trolley ne me tiendra
Si haut perché
Aucun vapeur ne me fera fondre
Des escalators au charriot ailé
J'ai tout essayé
J'ai tout essayé
J'ai longé ton corps
Epousé ses méandres
Je me suis emporté
Transporté
Par-delà les abysses
Par-dessus les vergers
Délaissant les grands axes
J'ai pris la contre-allée
Je me suis emporté
Transporté
Aucun landau ne me laissera
Bouche bée
Aucun Walhalla ne vaut le détour
Aucun astronef ne s'y attarde
Aucun navire n'y va
Sinon toi
Aucun express ne m'emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n'y accostera
Aucun Concorde n'aura ton envergure
Aucun navire n'y va
Aucun
Comme un légo - Alain Bashung
C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent
Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles égyptiens
Péniblement
A porter mille fois son point sur le "i"
Sous la chaleur et sous le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un légo avec du vent
La faiblesse des tout-puissants
Comme un légo avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un légo avec des dents
Comme un légo avec des mains
Comme un légo
Voyez-vous tous ces humains
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront ?
Car si la Terre est ronde
Et qu'ils s'y agrippent
Au-delà, c'est le vide
Assis devant le restant d'une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d'amibes
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un légo mais sans mémoire
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un légo mais sans mémoire
Pourquoi ne me réponds-tu jamais
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
A te balancer dans cette cage ?
A voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un légo
Comme un imputrescible légo
Comme un insecte mais sur le dos
C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans
On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit.
jeudi, mars 12, 2009
Si toutes les pertes s’apparentent à des deuils, elles ne sont pas systématiquement mortifères, nous perdons ceux que nous aimons, mais également des part de nous-mêmes, notre cœur mais également notre corps pouvant se briser.
Notre capacité d’adaptation, notre volonté de vivre malgré tout, nous permets de transformer ces pertes en acquisitions. De nous renouveler pour devenir meilleur ou pire, cela dépendra de notre capacité à chercher ou non des coupables. De posséder ou non une religion, d’avoir appris ou non à pardonner, de pouvoir ou non accepter.
Nos pertes nous font devenir autre, tout en restant nous-mêmes, explorant des faces ignorées de notre personnalité, notre rapport à nous et au monde étant transformé, trans ou défiguré.
La société nous apprends à gérer nos pertes, à les intégrer dans le cours de nos vies, des personnes sont formées à la liste infinie de malheurs pouvant frapper d’autres humains, des cellules sont organisées, afin de combler les parties manquantes, cellules de crises, cellules psychologiques…
Or à un moment le désir s’essouffle, le noyau ne se régénère plus. Le désir de surmonter la perte, le deuil, l’absence, l’invalidité, l’incapacité, ne prend plus le dessus.
Parce que la perte a absorbé le tout autour, parce que notre vie est à son terme. Le désir n’existant plus, la capacité à rebondir n’est plus.
Un nouveau système se met alors en place, cachant ceux qui ne peuvent plus, bien à part du monde dans l’attente de leur pure et simple disparition.
samedi, mars 07, 2009
Petite humiliation ordinaire

Vous décrochez à la première sonnerie de votre téléphone, vous étiez à côté le numéro est masqué mais vous étiez entrain de travailler, de toute façon votre concentration est perdue. Pourtant vous vous méfiez de ces appels anonymes à 11 heures du matin un samedi….
A l’autre bout bien avant d’entendre la voix de votre correspondant vous percevez le brouhaha confus d’une plateforme téléphonique. Où se situe t’elle, vous l’ignorez et puis vous ne voulez pas le savoir.
Vous entendez même la conversation d’à côté. Vous avez envie de raccrocher mais vous savez que votre numéro va être recomposé. Impossible de s’en défaire, autant aller jusqu’au bout.
La voix résonne enfin, « votre voix », elle vous demande si vous êtes bien celle que vous prétendez être, non, prénom, bien sur elle ne vous demandera jamais si vous êtes disponible pour elle, vous avez eu le tort de décrocher, la voix sans accent vous annonce un nom bien neutre et trop français, le même pour toutes les femmes, le même pour tous les hommes de la plateforme, genre Delphine Martin. Je demande pardon à toutes les Delphine Martin du monde.
La voix policée ne veut rien vous vendre, vous n’avez rien gagné non plus pour une fois. Elle veut juste que vous déposez de l’argent sur votre compte d’assurance vie. Une grosse somme qui peut aller jusqu’à 5000 euros, car vous bénéficierez alors d’un taux de rendement de 5 % comme indiqué dans le courrier que vous avez eu par voie postale. La voix se renseigne, vous avez bien reçu ce précieux courrier ? Oui, bien sur, vous l’avez même lu pour une fois, un instant de désœuvrement sans doute et vous vous êtes dit, que vous n’aviez vraiment pas 5000 – 2500 ou 1000 euros à mettre de côté pour financer la fusion de votre banque avec une autre.
Vous avez alors jeté le courrier, dans la poubelle jaune, celle qui sert à recycler les papiers inutiles, dans l’espoir d’en faire des écrits utiles.
Et vous avez oublié, jusqu’à ce matin où l’on vous rappelle que vous avez le droit de déposer une grosse somme d’argent sur votre compte. Jusque là vous êtes calme. Vous refusez de le faire, mais la voix insiste, elle veut savoir POURQUOI vous ne voulez pas déposer d’argent sur votre compte ?
Vous répondez, car vous êtes polie. Vous répondez que vous n’en n’avez pas les moyens.
La voix au téléphone comprend, enfin elle lit sur son prompteur qu’elle comprend…
Car la voilà qui au lieu de reposer doucement son combiné, insiste encore, suivant à la lettre le protocole inscrit sur l’écran de son ordinateur. Elle vous rappelle que vous avez encore 24 jours pour déposer cette somme, car on ne sait jamais, elle pourrait apparaitre devant vous, dans une enveloppe recyclée par exemple.
Ou sous la roue de votre voiture. Où après un héritage exprès. On ne sait jamais d’ici la fin du mois quelqu’un pourrait mourir et votre compte bénéficierait alors d’un taux de rendement de 5 %.
Vous raccrochez avec la sensation bien réelle qu’une jeune femme sur une plate forme téléphonique vient de vous humilier.
Et par les temps qui courent, une humiliation ordinaire est inadmissible.
mardi, mars 03, 2009
MERCI !
A vous tous qui n'avez pas oublié le 03/03....
Mes parents bien aimés, bien que pour eux cette date doit être facile à retenir....
Ma Sophie, bien entendu, l'essence de l'essentiel, le phare rassurant dans la nuit noire, le calme d'une plage de sable blanc quand à l'intérieur tout bouillonne, ma belle, ma merveilleuse Sophie.
Mon Amoureux, qui est comme cela doit être quand la vie est parfaite, amoureux....
Stéphane, mon petit fils de cœur, dont le petit message du matin m'a fait verser une larme.
Isabelle mon pilier, ma force, mon Amie.
Et puis vous tous en vrac que j'aime tant, Christophe, Ingmar, Valérie, Angélique, Luc mon amoureux de quand j'avais 16 ans qui m'écrit que malgré le temps et la distance je n'ai jamais quitté son cœur, Michel, Frédérique, Patricia, ma marraine qui ne m'oublie jamais...et pourtant nous ne voyons jamais non plus , et tous ceux que j'oublie mais qui sont présents dans ma vie, comme partie intégrante de celle ci.
C'est vous qui faites celle que je suis. Je vous en remercie. J'espère être l'amie que vous méritez.
Je vous aime....
vendredi, février 27, 2009
Trois heures du matin, réveil habituel, un cycle de sommeil se termine, je sais que Sophie n’est plus dans son lit, qu’elle est loin, trop loin et que je ne peux l’atteindre. Alors je reprends un somnifère et je sombre dans le sommeil bienheureux des ignorants.
Quand j’ai croisé ton regard la première fois, je savais que tu m’étais destiné. L’instant était mal choisi, un deuil n’était pas achevé, il fallait attendre, mais j’avais compris ta présence et notre appartenance.
Savoir divertit mais ne sert à rien, ni à aider, ni à être heureux…
Crédit photo: S.B. - Fleckenstein - février 09
jeudi, février 26, 2009
Jeudi 26 février 2009
Aujourd’hui j’ai été heureuse 420 fois 60 secondes.
Aujourd’hui c’est aussi l’anniversaire de celui qui m’a dit « Je viens de vivre un vrai moment de bonheur » lorsqu’un jour à Colmar, je lui ai dit un jour « Je t’aime ».
C’est amusant les dates, elles se rappellent à nous pour que nous interrogions sur le sens de la vie.
Quand Eric est mort, je me suis aperçue qu’il était né le même jour que Sophie.
Quand 2000 juifs ont été brûlés vifs, c’était la fête des amoureux.
Les dates jalonnent nos vies de visages. De souffrance, de morts, du sourire de mon amie, du regard bienveillant de mon amoureux sur mon visage apaisé.
Aujourd’hui j’ai vécu une journée calme. La première sans doute depuis bien des mois.
Aujourd’hui ma vie était remplie de paillettes qui mises toutes ensemble ont constitué 420 minutes de perfection.
mercredi, janvier 07, 2009
dimanche, décembre 21, 2008

"Bien peu de gens savent aimer, parce que bien peu savent tout perdre. Ils pensent que l'amour amène la fin de toutes misères. Ils ont raison de le penser, mais ils ont tort de vivre dans l'éloignement des vraies misères. Là où ils sont, rien ni personne ne viendra. Il leur faudrait d'abord atteindre cette solitude qu'aucun bonheur ne peut corrompre."
Christian Bobin (La femme à venir, p.134, Folio n° 3254)
jeudi, décembre 04, 2008
Nicolas: J'ai largué une fille par téléphone
Le psy : Bravo ! et quelle à été votre réaction ?
- Et bien ça m'a fait rire....
- Et la fille ?
- Elle pleure depuis des heures, elle avait arrêté de fumer trois mois mais elle a cherché son paquet planqué dans son garage.
- Bravo ! J'espère qu'elle crèvera bien vite d'un atroce cancer !
Et vous pourrez vous auto congratuler....
Et puis lors d'une autre séance vous pourrez continuer un brin ça vous fera des sujets de conversation (vu que maintenant tu es heureux grâce à la jeune fille de Chambéry)
- Et en plus elle n'a aucune fierté, elle continue à m'écrire
- Vraiment pathétique cette fille !
- Oui elle s'était fait larguer deux fois cette année parce que le garçon avait rencontré quelqu'un d'autre alors je me suis dit...
- Il faut toujours donner raison aux proverbes !!
En chorale ton psy et toi : " Jamais deux sans trois !!!!"
Et vous pourrez rire ensemble....
Encore un sujet...
- J'ai essayé de la quitter par téléphone un après midi quand elle était au travail, c'est bête elle n'a pas entendu le téléphone sonner.
- Parce qu'en plus elle est sourde ! Vous avez vraiment bien fait de vous en débarrasser et quelle aurait été sa réaction au travail ?
- Elle aurait fondu en larmes devant 300 collègues qui se seraient bien foutus d'elle !
- Trop dommage, vous avez raté votre coup !
- Heureusement que j'ai retrouvé un bien meilleur coup !
Idem, vous pourrez partir dans un franc fou rire....
- J'ai encore réussi un truc très fort ! La conne a pris rendez vous chez une psy, elle veut essayer de comprendre pourquoi elle est indigne d'être aimée !
- Sa psy va se régaler, il suffirait peut être de lui dire tout de suite qu'elle est moche, nulle et con et qu'aucun mec ne voudra jamais d'elle !
- Autant qu'elle se ruine pour entendre cela, ça lui fera les pieds, en plus avec son job à mi temps elle ne roule pas sur l'or la conne !
- Tant de bêtise dans une seule personne, franchement la vraie question qui se pose est la suivante:
En choeur : " Ne faudrait il pas qu'elle disparaisse simplement de la terre, pour qu'on ait la paix ?"
Eclats de rire....
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