lundi, mars 26, 2007

Signes extérieurs….


S’il est interdit de porter à l’école des signes distinctifs de sa religion, comme porte drapeaux ostentatoires, il devrait être pareil pour bien d’autres choses.
En cette période électorale certains affichent sur leurs véhicules, la marque de fabrique de leurs partis politiques.

Collés sur le pare-brise les sigles bleus-blancs-rouges rejoignent les autocollants :
« Enfant à bord », « Je freine pour les animaux » « Jésus superstar » et « Cet été j’ai visité la Corse- Disneyland- la Bretagne et Fraisepertuis «.
Si c’est une période footballistique, nous trouverons des fanions aux couleurs des clubs ou pays.

D’où nous vient cette volonté désespérée d’appartenance à un groupe, qu’il soit politique, religieux, culturel, social ?
Ne sommes nous pas déjà unis par notre simple appartenance à la race humaine ?
Pourquoi afficher alors nos intentions de votes, nos voyages, nos loisirs et notre volonté de faire perdurer un nom de famille ?

Si les objets avaient une âme et une capacité à s’exprimer, il aurait été bon de demander aux supports choisi, en général nos moyens de locomotion, s’ils voteraient plutôt à droite, plutôt à gauche, s’ils aiment les animaux et s’ils supportent les choses collantes déposées sur les sièges arrières par nos enfants.

dimanche, mars 25, 2007

M.V.O.

La plupart et la plus grande partie de nos journées, de nos mois, de nos années sont ordinaires.
Le mot "ordinaire" désigne ce qui fait le tissu habituel de notre vie, avec sa monotonie, ses contraintes, sa grisaille, ses luttes, ses souffrances, et aussi, heureusement, ses petites ou grandes joies, ses éclaircies, ses réussites. Il indique la trame habituelle d’une histoire humaine, de cette histoire dont il n’est pas question dans les livres d’histoire.

90 % de la vie consiste à faire des choix. Entre ce qui est vraiment bien et ce qui ne l’est pas. Or la plupart des gens se contentent du moyen, du tiède, du commun, de ce qui fait passer le temps pour ne pas ressentir son inéluctabilité.

Peut-être ne savent ils pas, ou n’ont-ils pas conscience de ce qui est le mieux pour eux. S’ils s’en doutent, s’ils ont eu la chance d’avoir le temps de s’asseoir afin d’y réfléchir, cette réflexion pouvant durer des années, ils le remettent à plus tard, aux vacances, au temps de la retraite, à un futur qui n’arrivera peut être jamais.

Il est bien sur utopique de croire qu’il suffit de le vouloir pour que la vie ordinaire devienne perfection, les impératifs sont là, il faut payer ses factures, se loger, se reproduire aussi.
Nous prenons ce qui se présente en fonction de l’impératif et de l’urgence de n’être pas en marge de la société, que cela soit le premier travail qui se présente, un logement en fonction de nos revenus et l’homme qui voudra faire de nous une mère et construire un foyer.

Sans savoir si ce qui est bien est ce qu’il y a de mieux. Le confort est présent, un ronronnement familier et rassurant qui ne bouscule rien, ne dérange rien et que l’on va nommer bonheur à défaut de mieux. Il va ainsi de tout se qui peut se consommer, or tout même les sentiments se consomment.

La vie ordinaire consume prématurément ses passagers, seul demeurant le goût métallique des regrets de ce qui aurait pu être vécu, si…

jeudi, mars 22, 2007

Petit blog est devenu un site...

Après presque 9 mois de gestation, Morceaux de Vie Ordinaire (MVO pour les intimes) est devenu un site à part entière.

http://eve-meyer.com/

ou

http://www.eve-meyer.com/


A très vite....

Eve

lundi, mars 19, 2007

L’homme qui marche.



Cela faisait plusieurs mois que l’homme qui marche passait et repassait devant ma fenêtre. A vrai dire, j’ai du mal à vous l’avouer, cela faisait un an que je l’avais repéré.

Une année que chaque matin où presque, je le vois déambuler sous mes fenêtres, une errance en arc de cercle, sur une dizaine de mètres à peine, toujours au même endroit, une identique trajectoire jour après jour. Sans s’arrêter ou presque.

Un grand gars costaud, avec une barbe, un anorak bleu, un jeans et des chaussures de chantier. Un homme solide. Il ne fume pas, ne boit pas non plus. Ne possède pas de sac, où alors je ne l’ai pas repéré.

Quand il pleut, il n’a pas de parapluie. Quand le soleil brille, il doit sûrement cligner des yeux, car il n’a pas de lunettes de soleil non plus.

Mais de toute façon, dans sa marche, le plus souvent, il regarde le goudron du sol.

Le soir il n’est jamais là. Certains après-midi non plus. A vrai dire il n’y a que le matin où sans défaut vous pourrez le voir.

J’ai longtemps pensé qu’il attendait quelqu’un, mais personne ne vient jamais le voir. Il ne regarde pas non plus une fenêtre de l’immeuble devant lequel il s’est posté. Tu sais, un homme qui attendrait d’apercevoir un ancien amour, où un enfant dont il n’a pas la garde. Mais ce n’est pas cela.

C’est à cause des horaires que j’ai compris. Parce que le matin les centres d’hébergement des sans abris ferment leurs portes tôt, à 8 heures, je crois et qu’après ils sont dans la rue jusqu’au soir. Et puis parce qu’il est jour après jour habillé du même jeans et du même anorak bleu. Même lorsqu’il fait chaud.

Une après midi, une seule fois, je l’ai aperçu devant le supermarché au bout de la rue, il était immobile. Je crois que les après midi il marche devant un autre immeuble, pas loin. Pour ne pas trop effrayer.

Je savais que j’aurais dû lui parler. Depuis bien longtemps. Je me l’étais promis l’an passé déjà.

Mais moi aussi j’ai des soucis. Je sors d’un deuil amoureux. Je viens de perdre mon emploi, une collègue m’a trahie, mes parents me font la tête parce qu’ils sont inquiets. Je suis triste et cela me rends injuste, alors je manque de perdre mon amoureux.
Voilà, moi aussi je suis préoccupée.

Mais cela n’explique, n’excuse rien. C’est un bon prétexte les soucis, mais cela n’a jamais empêché d’aider son prochain.

Alors c’est peut être de la peur car il n’est pas jeune la quarantaine peut être, derrière sa barbe c’est difficile lui donner un âge, et parce qu’entre lui et moi il y a un treillage en fil de fer. Une barrière verte. Pas des barbelés, une chose dont je pourrais faire le tour sans me blesser.

Mais les barrières sont comme les soucis, des échappatoires pour ne pas aller vers les autres.

J’ai parlé de l’homme qui marche à ma voisine de palier, une dame âgée, qui elle aussi regarde beaucoup par la fenêtre. Il lui fait un peu peur, il est costaud me dit-elle. Elle me déconseille d’aller vers lui. Alors je ne fais rien, planquée bien au chaud derrière les fenêtres/soucis/barrières/conseils.

Un jour l’homme qui marche ne sera plus là. Ni ce matin, ni ceux d’après. Après les remords, ce sera le temps des regrets. Et puis j’oublierai celui qui marchait.

peinture : http://www.christophe-hohler.com/

lundi, mars 05, 2007


Finalement j’ai trouvé la lumière. C’est étrange la lumière quand on est habituée à l’ombre. Cela fait d’abord peur et puis cela fait mal aux yeux.

Mais si l’on essaye de s’y habituer, elle réchauffe et les yeux brûlent moins. On y prend goût et on voudrait y rester, ne plus retourner dans le froid et la pénombre.

La lumière entoure les gens d’un halo qui les rend beaux.
J’ai vu une chose étrange, une jeune mère qui donnait le sein à son enfant devant un crocodile. Un crocodile à la gueule grande ouverte, muni de deux rangées de dents impressionnantes. Cela ne perturbait ni la mère, ni l’enfant. Tous deux étaient lumineux.

Evidemment j’ai trouvé cela étonnant de nourrir son petit devant un animal aussi dangereux. J’ai même pensé nourrir le crocodile avec l’enfant.

Je retourne dans l’ombre parfois. Si on n’y prête pas une grande attention, l’obscurité revient vite et envahi tout. Il faut faire des efforts pour demeurer dans la lumière. Regarder avec des yeux grands ouverts la beauté du monde. Prendre le temps de s’arrêter de penser. Des fois cela arrive.

On est juste bien, nimbé de soleil, assis sans rien faire. Les pensées sont trop lourdes pour de pareils instants. Le monde tourne et la place que l’on occupe est parfaite, harmonieuse, tout est à l’exact endroit de la création.

Tout ce que l’on peut faire, car quand on ne fait rien, on fait des choses quand même, c’est appuyer sur le déclencheur d’un appareil photo pour saisir l’instant. Cela ne fonctionne pas, bien sur. Sinon on créerait des livres remplis de photos d’instants lumineux qu’il suffirait de feuilleter pour voler au dessus du monde, être à l’exacte place et ne plus penser.

On m’a dit qu’il ne fallait pas écrire dans la lumière. Que pour être beau un texte doit être sombre, refléter la dureté du monde et la peine éternelle.

Mais que faire si la lumière perdure ? Arrêter d’écrire afin de vivre ? Les deux sont indissociables. Cela sera l’écriture et la vie.

03.03.


Merci à vous tous qui avez pensé à mon anniversaire, vous avez tout fait pour que cette journée et ce week end soit merveilleux, tendre, rempli de votre affection.

Merci à mon amoureux Sébastiaan, Noël, Dominique, Tatiana, Peggy et Steven, Yves, Patricia, Christine, Rémi, Muriel, Christophe, Isabelle et ses fleurs superbes, Véronique, André, Madame Gérondi et bien sur mes parents.

Merci à vous tous de votre soutien pour les jours plus difficiles qui sont à venir, car vous le savez, les petits morceaux de ma vie ordinaire portent en eux toutes les nuances d’une toile de Monet.